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Avant-propos
II. La princesse de Clèves ou l'anéantissement amoureux

Le temps aboli

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Thierry Hentsch
Table des matières
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Cité par
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p. 13-29
Texte Notes

Texte intégral

  • 1 Du temps de Molière, le titre de la pièce et le nom du personnage éponyme s’orthographiaient « Dom (...)
  • 2 Les chiffres romains renvoient respectivement à l'acte et à la scène de Don Juan ou le festin de p (...)

1 Le Don 1 Juan De Molière, que son Sganarelle de valet — son double et son négatif — présente comme « le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté », comme « un enragé, un chien, un Diable, un Turc, un Hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni saint, ni Dieu, ni loup-garou, qui passe cette vie en pourceau d'Épicure » (I, I, 163)2Femme Femme nice Alpin Alpes Doudoune Moncler Noir Noir Alpin gxaETw dit de lui-même :

Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinaisons naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin, il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses. (I, II, 165-166)

2Que Don Juan est incapable d’aimer, qu’il ne cherche pas l’amour, n’est que trop manifeste. Il se contente de passer d’un miroir à l’autre. Sitôt franchie, l’image s’éteint. Sitôt conquis, le visage convoité ennuie. Tout l’attrait est dans l’approche. Si la conquête était impossible, l’inaccessibilité de la beauté le ferait peut-être réfléchir. Mais chaque proie, ou presque, finit par lui céder. Son pouvoir de séduction lui assure d’avance le succès de ses entreprises, dont la chaîne n’a pas de fin. À peine une résistance est-elle vaincue, qu’il lui en faut une autre à réduire. Cet incessant renouvellement semble permettre au séducteur d’évacuer toute question, toute souffrance, dans l’insouciance du tort qu’il peut faire aux femmes qu’il séduit. Pour qu’il souffre, il faudrait que la conquête ne suffise pas ou qu’elle soit impossible et son objet irremplaçable. Or, Juan ne s'attarde pas plus en regret qu’en amour. Qu’une occasion lui échappe, il saisira la suivante. Aucun désir de possession durable ne l’anime. Il suffit qu'il y ait une belle à faire capituler. Il n’est pas même certain qu’il veuille, voire qu’il puisse du tout posséder — en quoi le personnage symbolise, dit-on souvent, une double impuissance, amoureuse et sexuelle.

  • 3 Il vaudrait la peine de faire l’étude des transformations que reçoit le personnage au fil du temps (...)
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3Mais si Don Juan n’était qu’un séducteur plus ou moins impuissant, le personnage n’aurait pas le pouvoir de fascination qu’il exerce manifestement en Europe, de Tirso de Molina (1625) à Mozart (1787) et au-delà3 Si la séduction était sa seule, voire sa principale raison d’être, il ressemblerait à tous les tombeurs de l'histoire et de la littérature : son charisme et son désir finiraient par fléchir, par se faire prendre au piège de la passion, par se briser contre une résistance irréductible. Or, la machine à séduire ne s'enraye jamais. Nul signe de lassitude, chez lui, envers cette routine du changement, envers cette comptabilité amoureuse que le Leporello de Mozart et Da Ponte tient scrupuleusement à jour. Seule la mort y met fin. Une mort « édifiante », qui donne raison aux remontrances de Sganarelle et lèche déjà l’impie des flammes de cet Enfer auquel il a obstinément refusé de croire. Le diabolus ex machina, pourtant, ne trompe personne. Une pirouette à la censure. Ou alors : symbole d’un autre gouffre que le châtiment promis par l’Église illustre et masque tout à la fois. Une autre terreur, que le héros affecte de ne pas voir et à laquelle son alter ego de serviteur ne comprend rien.

4L'insouciance de Don Juan est suspecte. Trop affichée pour être vraie. La répétition de la conquête amoureuse trop mécanique, trop prévisible pour donner satisfaction. Non pas que l’attirance vers la beauté, chez Juan, soit simulée — en elle réside au contraire ce que le héros a de plus attachant —, mais cette attirance le mène de leurre en leurre dans une course interminable dont il ne lui reste rien. L’esprit fort, chez Juan, tourne à vide. C’est du vent ! La moisson de sa liberté, de la paille ! Si le valet a de pauvres arguments contre l’impiété du maître, ce dernier n’a pas grand-chose à avancer en faveur de son incroyance. Sommé par Sganarelle de dire ce qu’il croit, Don Juan, comme pris de court, répond : « Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. » À quoi le serviteur a beau jeu de répliquer :

La belle croyance et les beaux articles de foi que voici ! Votre religion, à ce que je vois, est donc l’arithmétique ? Il faut avouer qu'il se met d’étranges folies dans la tête des hommes, et que pour avoir bien étudié on en est bien moins sage le plus souvent. Pour moi, Monsieur, je n’ai point étudié comme vous, Dieu merci, et personne ne saurait se vanter de m’avoir jamais rien appris ; mais avec mon petit sens et mon petit jugement, je vois les choses mieux que tous les livres, et je comprends fort bien que ce monde que nous voyons n’est pas un champignon, qui soit venu tout seul en une nuit. [...]
Mon raisonnement est qu’il y a quelque chose d’admirable dans l’homme, quoi que vous puissiez dire, que tous les savants ne sauraient expliquer. (III, I, 191-192)

5Chacun des protagonistes retient en quelque sorte un volet, simplifié, du credo cartésien. Mais la part de Sganarelle est la plus riche. Là où le maître offre une caricature de l’esprit de géométrie, dont on sait que Descartes subordonne le pouvoir de dire vrai à l’existence de Dieu, le serviteur invoque cet « admirable » qui éveille l’homme à l’idée de vérité ; cet admirable que Don Juan lui-même trouve au visage des belles personnes et qu’il poursuit vainement de son ardeur, faute de chercher à en approfondir le sens. Dans sa simplicité, souvent par trop simple, le double du séducteur, ici, comprend plus profondément que lui cet amour de la beauté qui le pousse à séduire. La perte du maître est plus lourde de conséquence que l’ignorance du valet. La condition sociale de ce dernier, de toute façon, ne le laisse pas vraiment libre d’agir ni de dire toute sa pensée, tandis que la franchise du seigneur, jusque dans l'expression, ouverte, de son « hypocrisie », n’a pas de bornes. Et c’est bien parce qu’elle prétend s’exercer sans limites que cette liberté donne une sorte de vertige. Dans le Don Giovanni de Mozart, ce vertige s’accroît de l’ivresse de la musique. La liberté y reçoit un édat formidable et troublant sur lequel nous reviendrons.

6Le thème central de Don Juan, du moins chez Molière, n’est donc pas l’amour, ni même la séduction. La pièce ne comporte, à proprement parler, qu’une scène de séduction (II, II), suivie un peu plus loin (II, IV) d’une manœuvre de duperie entre les deux « proies » du jour, Charlotte et Mathurine. Le seul autre personnage féminin, Elvire, la femme trahie, n’intervient d’abord que pour recevoir des explications, faire des remontrances et, vers la fin, pour offrir son aide, alors même qu’elle dit avoir renoncé à lui. C’est l’unique scène d’amour de tout le drame. « Sauvez-vous, implore Elvire, ou pour l’amour de vous, ou pour l’amour de moi. » (IV VI, 212) Accent de tendresse auquel le héros ne reste pas insensible : « Son habit négligé, son air languissant et ses larmes ont réveillé en moi quelques petits restes d’un feu éteint », confie-t-il à Sganarelle (IV VII, 213). L’aveu, pour cynique qu’il soit, laisse entendre que quelque chose aurait encore pu se produire entre eux. Le salut qu’elle cherche, pour lui comme pour elle, n’est peut-être pas aussi religieux qu’elle le voudrait. Mais Don Juan, en tout état de cause, ne peut aimer. Encore une fois, il ne cherche pas l’amour, il veut la liberté. Liberté de vivre, de papillonner à sa guise, dût-il, pour cela, payer son tribut d’hypocrisie au monde qui l’entoure. Liberté de mentir, donc : qu’il s’octroie d’entrée de jeu, lorsqu’il cherche à abuser Elvire sur les motifs de sa fuite, et dont il use ensuite pour séduire Charlotte.

Burberry Longue Homme Manche Lyon Online Lyon 7Ruse mensongère et hypocrisie, néanmoins, ne sont pas du même tonneau. La première fait partie, comme à la guerre, des moyens de l’esquive et de la conquête ; c’est une arme que se donne la liberté d'action. La seconde est ce qu’exige le monde pour vous laisser fricoter en paix. En décidant donc, au début de l’acte V de prendre les manières du repenti et du dévot, Don Juan n’ajoute pas seulement l’abjection à la scélératesse, il abdique sa liberté de parole, il censure la manifestation de son libre arbitre et de son indépendance. En d’autres termes, il congédie l’exercice public de sa philosophie et, avec lui, le désir de vérité, la fierté et l’amour du beau qui contribuaient si fort à son attrait. « Je vous aimerais bien mieux encore comme vous étiez auparavant », s'écrie à juste titre son confident, seul à connaître, désormais, sa vraie nature. Pathétiquement, Don Juan en vient à imiter la veulerie mondaine qui, naguère encore, justifiait son mépris des interdits religieux. Étrange retournement, où le frondeur, pour une pure question de commodité, semble-t-il, perd le respect de soi-même. Difficile à croire.

8Tant qu’il ne se rallie pas à l'hypocrisie ambiante, Don Juan apparaît en effet comme un nouveau héros de la vérité, la « nouveauté » de cet « héroïsme » résidant en ce que la vérité pour laquelle il combat est par essence hédoniste et égoïste. L’un ne va pas sans l’autre : l’émancipation du désir semble nécessairement passer par la satisfaction du moi. Le moi s’autorise à prendre ouvertement son plaisir, s’il le faut à l’encontre des mœurs admises et des règles à l’égard desquelles l’ordre social exige au moins un semblant de respect. Que cet égoïsme se manifeste en l’occurrence sous la forme d’une séduction plutôt douce — encore qu’il y ait projet, avorté, d’enlèvement — est secondaire. Du moment qu’il prime sur l’ordre social, ses visées et ses moyens deviennent virtuellement sans limite. Ce que Mozart et Da Ponte comprennent en donnant d’emblée une couleur crapuleuse au meurtre du Commandeur, tué alors qu'il barre la route à celui qui a ni plus ni moins tenté de violer sa fille (Molière, lui, n’en précise pas les circonstances). La vérité dont le héros se fait porteur n’a donc plus rien à voir avec la transcendance qui hante la littérature chrétienne et qui ordonne la métaphysique cartésienne. Elle s’inscrit manifestement contre elles. Il n’est plus question de se référer à un principe supérieur ni d'aimer son prochain mais d’en user : « tu t’aimeras toi-même, jusqu’aux dépens d’autrui ». Sade est là en puissance : la « nature » légitime le moi à tout subordonner aux jouissances auxquelles elle l’incite. La seule vérité, pour Juan, dans cette société pétrie d’hypocrisie, est la vérité du désir, la conquête à tout prix et le rapport de forces qui, selon les cas, favorise ou entrave son déploiement.

9Que la séduction ait le sexe comme terrain de prédilection ne doit pas surprendre : c’est l’empire obscur de nos pulsions les plus anciennes, les plus primitives, les plus refoulées — sans compter ce que l’exacerbation du désir de possession sexuelle peut avoir de meurtrier. Mais l’impératif catégorique du moi est susceptible de s'étendre à tous les domaines de la vie. Et c’est bien ce que la société tout entière, sous ses dehors policés, donne à voir : d’être codifiés, les rapports de force, l’égoïsme qui les sous-tend n’en sont pas moins réels. La hiérarchie sociale, ses inégalités originelles, les règles et les tabous, la religion, les « bonnes mœurs », tout contribue à consolider et à justifier l’édifice complexe de l’injustice. Dans son combat contre l’ordre établi et contre la tartuferie qui le recouvre, Don Juan joue sur deux registres potentiellement contradictoires : l’impérialisme du moi (avec ce que ce moi comporte d’universel) et la structure de domination où sa naissance lui permet de mettre en œuvre la liberté qu’il professe — en contraste marqué avec l’esprit de soumission de son double servile.

10Grâce à son rang, Don Juan n’éprouve pas la nécessité de résoudre cette contradiction. Son humeur conquérante s’accommode indistinctement des jolis minois, nobles ou roturiers, qu’il croise sur sa route, et le prestige attaché à son titre ne peut que lui faciliter la tâche. La liberté galante que le gentilhomme revendique s’inscrit dans l’inégalité des rapports sociaux du régime et rappelle un peu le droit de cuissage dont s’arrogeait le seigneur. L’insolence ludique du héros est en quelque sorte dans l’ordre des choses, et comme elle se déploie sur le plan amoureux, elle ne devrait pas porter à conséquence politique. Cette conséquence est pourtant inévitable. En abusant de sa position sociale pour exercer une liberté qui bafoue ouvertement les sacrements de l’Église, Juan menace l’ordre sur deux fronts : il manifeste avec l’arrogance de sa noblesse les abus que cet ordre permet et dénonce la fausseté de son idéologie. La vérité transcendantale n’est qu’une vérité de classe — comme le dira plus tard la critique marxiste des « vérités bourgeoises ».

11En d'autres termes, la liberté dont le séducteur use sur le terrain de l’amour, du fait qu’elle s’affirme à visage découvert, risque d’ébranler toutes les vérités établies et l’ensemble de la société qu’elles contribuent à cimenter. En écho à Molière, l’affirmation de cette liberté prend chez Mozart une ampleur proprement bouleversante.

12Elle s’exprime en effet dans un retournement d’une audace sacrilège. Vers la fin du premier acte (scène cinq), Don Giovanni accueille à un bal qu’il organise pour séduire Zerlina, fiancée de Mazetto, des personnages masqués qui sont à ses trousses (Donna Anna, fille du Commandeur que le séducteur a tué, son fiancé Don Ottavio et Donna Elvira, l’épouse délaissée). Généreusement, Don Giovanni les invite à la fête au nom de la liberté, qui est évidemment dans sa bouche la liberté de séduire et de dévoyer par tous les moyens. Mais la fougue avec laquelle il lance son Viva la libertà ! est telle que, perdant aussitôt sa tonalité sarcastique, son appel entraîne tous ses invités, masques compris, dans un enthousiasme irrésistible. Viva la libertà ! est repris dans unHomme Longue Manche Lyon Burberry Lyon Online Tutti d’une beauté et d’une puissance qui submergent toute idée de dérision. Indéniablement, la musique de Mozart donne à cet air contagieux une portée qui dépasse de loin l’intrigue donjuanesque. La séduction amoureuse s'élève soudain à la hauteur d’une vérité universelle. Viva la libertà !, repris en chœur, monte, enfle, retentit comme un chant de victoire qui porte une aspiration fondamentale de l’être humain. On y sent le transport d’une foule en marche que rien ne saurait arrêter. La musique transforme la licence frauduleuse en un hymne formidable, où il est difficile a posteriori de ne pas entendre le ton de la Révolution qui éclatera deux ans plus tard en France. Ce brusque passage du libertinage à la liberté est d’une puissance corrosive presque inimaginable qui ne peut que fissurer l’ordre social.

13La société tolère les infractions à la morale, pourvu qu’elles restent cachées ou, du moins, discrètes. Mais elle ne supporte pas l’affirmation de la primauté du désir — quelle qu’en puisse être la qualité. Que Don Juan le veuille ou non, l’affirmation de cette primauté est politique. Et c’est bien parce que le dramaturge ne l’ignore pas qu’il finit par engager son personnage sur la voie du conformisme hypocrite. Personne, pourtant, n’est vraiment dupe de ce retournement : s’il fait du héros de la liberté amoureuse un être odieux, la bassesse de sa « conversion » ne peut que rejaillir sur la société qu’il fait mine de rejoindre. Ce rebondissement, loin de salir la liberté elle-même, ne dégrade que son héraut et, plus encore, l’ordre auquel il se rallie. Ralliement caricatural, que Juan explique avec un cynisme qui, lui, ne se cache pas :

Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. (V, II, 218)

14Cet aveu d’hypocrisie est encore une manière d’enfoncer le clou ; Molière utilise la déchéance où il jette son personnage pour lui faire dire, dans une des tirades les plus audacieuses de son théâtre, ce qu’il n’aurait peut-être jamais osé mettre dans la bouche d’un honnête homme.

15Que la scélératesse accomplie se fasse ici l’interprète de la vérité critique n’est pas simplement une parade théâtrale contre les réactions prévisibles des censeurs. Cette « profession de foi », il est vrai, tombe dans une conjoncture particulière : la cabale que les « hommes de bien » montent contre le Tartuffe — et Molière ne manque pas l’occasion de les étriller. Au-delà de cette lutte conjoncturelle la tirade trahit, plus profondément, une sorte d’impasse idéologique : la vérité que le dramaturge fait dire à son héros déchu est purement négative. Don Juan voit juste, il dit vrai mais n’a d’autre « sagesse » à proposer que celle par laquelle il « s’accommode aux vices de son siècle » (V, II, 219). Ce qui lui vaut de mourir peu après dans une punition exemplaire, en guise de réponse au signe qu’il réclamait plus clairement d’en haut pour songer à s’amender : cette fois la mesure est comble et l’insolence reçoit enfin du Ciel ce qu’elle mérite.

16Mais on ne remarque pas assez que, dans le nouvel état d’esprit qu’il prétend faire sien, le protagoniste pourrait jouer son nouveau rôle jusqu’au bout et éviter le châtiment suprême en singeant le repentir. Dans l’avant-dernière scène, un spectre de femme voilée, qui rappelle Elvire, lui donne une dernière et brève occasion de s’amender — dans Don Giovanni, c’est la statue du Commandeur qui lui offre cette ultime chance. Chez Mozart comme chez Molière, le héros — par là il le redevient — refuse. Il ne s’agit plus en effet de s’accommoder aux vices de la société. Le gentilhomme est devant son honneur : « Non, non, il ne sera pas dit, quoi qu’il arrive, que je sois capable de me repentir. » (V, V, 223) Le repentir, ici, ne serait plus une simple commodité sociale, mais une irréparable lâcheté. Ou une esquive dérisoire : si Dieu existe, on ne saurait le tromper. Devant la mort, l’homme qui se respecte ne joue plus. Ce qui apparaît ainsi à première vue comme le châtiment tant attendu des honnêtes gens devient, à la réflexion, l’occasion d’un spectaculaire rachat. Au moment de vérité, Don Juan ne flanche pas : le scélérat de la séduction meurt en héros de la libre pensée ; il sacrifie sa personne, et avec elle tous les plaisirs qu’il attend de la poursuite de ses conquêtes, en témoignage de la vérité.

17Cette vérité n’en devient pas « positive » pour autant. Elle reste négative (il la paie après tout de sa vie), mais cette négation, de misérable qu’elle était de par son conformisme social, apparaît désormais tragique par son esprit de résistance. L’égoïsme, dont le séducteur a voulu vivre la vérité, le mène jusqu’à son terme fatal. S’il en est ainsi, c’est que cette vérité même est, au double sens du terme, mortelle : elle concerne la manière de conduire sa vie sans souci ni espoir d’un quelconque au-delà ; et, bien plus, elle expose à la mort. L’expression n’est pas trop forte : l’ordre social élimine impitoyablement ceux qui osent vivre à découvert contre lui, que cette élimination soit physique, civique, sociale ou économique. En quoi cet ordre ne fait que se défendre d’une attitude, d’une posture qui, décidément, l’attaque dans ses fondements.

  • 4 La première édition, en 1682, doit être « cartonnée » : l'imprimeur est tenu d'y remplacer les pag (...)

18Que cette attaque est ressentie comme fondamentale, on le voit à la réaction suscitée par la célèbre scène du pauvre, que la troupe a dû supprimer dès la deuxième représentation et qu’on éliminera longtemps des diverses versions publiées du texteSantiags Santiags Noir Homme Homme Pas Cher Doudoune Karak Moncler 4xqwfgdBg Le pauvre vient d’indiquer à Don Juan, égaré, le chemin de la ville :

le pauvre : Si vous vouliez, Monsieur, me secourir de quelque aumône ?

don juan : Ah ! ah ! ton avis est intéressé à ce que je vois.

le pauvre : Je suis un pauvre homme, Monsieur, retiré tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai pas de prier le Ciel qu’il vous donne toutes sortes de biens.

don juan : Eh ! prie-le qu'il te donne un habit, sans te mettre en peine des affaires des autres.

sganarelle : Vous ne connaissez pas Monsieur, bonhomme ; il ne croit qu’en deux et deux sont quatre et en quatre et quatre sont huit.

don juan : Quelle est ton occupation parmi ces arbres ?

le pauvre : De prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose.

don juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ?

le pauvre : Hélas ! Monsieur, je suis dans la plus grande nécessité du monde.

don juan : Tu te moques : un homme qui prie le Ciel tout le jour ne peut pas manquer d’être bien dans ses affaires.

le pauvre : Je vous assure, Monsieur, que le plus souvent je n’ai pas un morceau de pain à mettre sous les dents.

don juan : Voilà qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins. Ah ! ah ! je m'en vais te donner un louis d’or tout à l'heure, pourvu que tu veuilles jurer.

le pauvre : Ah ! Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ?

don juanMoncler Moncler Moncler Femmes X10217 Bleu Cluny Démontable Chapeau Best Vente q5UO7tq : Tu n’as qu'à voir si tu veux gagner un louis d’or ou non. En voici un que je te donne, si tu jures ; tiens, il faut jurer.

le pauvre : Monsieur !

don juan : À moins de cela, tu ne l’auras pas.

sganarelle : Va, va, jure un peu, il n’y a pas de mal.

don juan : Prends, le voilà ; prends te dis-je, mais jure donc.

le pauvre : Non, Monsieur, j’aime mieux mourir de faim.

don juan : Va, va, je te le donne pour l’amour de l’humanité. (III, II, 193)

19Geste magnifique et sacrilège, qui montre à la fois l’importance que le dramaturge attache à la noblesse de son personnage et la hauteur à laquelle il situe l’amour de l’humanité, qui, par contraste implicite avec la formule consacrée, surpasse « l’amour de Dieu ». Aussi Don Juan témoigne-t-il son amour de l’humanité en respectant chez le mendiant la fermeté et l’authenticité de sa ferveur religieuse. Le premier englobe la seconde. Quant à la liberté, sa revendication concerne bien l’ensemble du genre humain, croyants et incroyants, pauvres et riches.

20Cette scène occupe une position centrale. Située presque au milieu du drame, elle suit et tempère la profession de foi « arithmétique » du libertin. Elle apparaît aussi, après coup, comme une préparation, comme un signe avant-coureur de la scène finale. Le pauvre et le gentilhomme se rejoignent dans leur incapacité à se prostituer. Là où le premier refuse d’échanger sa dignité de croyant contre un louis, le second renonce à sauver sa vie contre sa liberté. Tous deux tiennent à la vérité où ils puisent le respect d’eux-mêmes. Mais ni leurs vérités ni leurs enjeux respectifs n’ont le même poids. L’un refuse de risquer la vie éternelle contre un louis d’or (c’est le pari de Pascal) ; l’autre refuse d’abjurer sa vérité mortelle pour l’espérance d’une éternité en laquelle il ne croit pas. L’un renonce à rien pour tout ; l’autre renonce à tout pour rien — disons : pour l’idée qu’il se fait de lui-même. Arrogance suprême ou effort désespéré pour la conservation d’un bien éphémère, voué à disparaître avec le sacrifice qu’il lui consent : la vie contre l’image fugitive de soi. Drôle d’échange pour un jouisseur.

21La scène du louis d’or fait ressortir avec une concision et une intensité extrêmes les élans contradictoires du personnage. D’une minute à l’autre, Don Juan passe du chantage le plus abject au geste le plus sublime, comme, un siècle et demi plus tard, l’invite à la licence, chez Mozart, prend sans transition la dimension d’un hymne à la liberté. Bien plus, le geste tire sa beauté même de l’abjection qui le précède. Venant d’un homme bien intentionné, il n’y aurait là qu’une banale aumône. Venant d'un impie sans foi ni loi et après le jeu cruel que nous savons, le don, la phrase qui l’accompagne retentissent comme un défi et brillent comme un instant d’espoir. L’amour de l’humanité y surgit de manière tellement inattendue, que cette phrase a de quoi faire venir les larmes aux yeux. Mais on comprendrait aussi que le metteur en scène veuille lui donner un ton dérisoire, parfaitement cynique. Fraternité subite ou ultime sarcasme, les deux interprétations sont possibles.

22J’opte résolument pour l’élan de fraternité, parce qu'il accentue l’ambiguïté foncière du personnage. Si la scène a suscité trop de remous pour être reprise, c’est précisément en raison de ce qu'elle dévoile brièvement d’admirable chez ce jouisseur sans scrupule. Un Don Juan tout noir n’éveillerait pas la moindre sympathie et n’offrirait pas grand intérêt. La conduite déroutante du personnage, en revanche, nous place devant l’ambiguïté de nos propres sentiments et, au-delà, de l’humain en général. Cette humanité que Don Juan invoque avec une magnifique insolence est elle-même problématique. Rien dans la pièce ne soutient l’espérance que cette invocation fait un instant miroiter — à l’exception du code d’honneur qui y régit, comme il se doit, les rapports entre gentilshommes. Au reste, l’humanité du Don Juan, entendue ici comme valeur positive, est introuvable. Elle n’apparaît paradoxalement que chez la pieuse Elvire, c’est-à-dire dans un retrait du monde : revenue des amours humaines, la femme trompée retourne dans l’isolement monacal de l’amour divin.

Longue Homme Online Lyon Manche Lyon Burberry 23Nous voici donc ramenés à l’essence négative du credo libertin. À l’instar de ses conquêtes, l’esprit fort paraît ici purement destructeur. Pour utiliser une formule à la mode, Don Juan se borne à « déconstruire ». Et on ne peut manquer de s’interroger sur la signification d’une distribution qui confie cette tâche critique à un homme — malgré ses rares éclats de générosité — globalement si peu recommandable. Difficile d’y voir une simple volonté de comique. Don Juan, dans son ensemble, n’a guère le ton de la comédie, pas plus que le Don Giovanni de Mozart, même si une indiscutable drôlerie (au double sens du terme) est assurée par le contraste maître-serviteur. Reste l’éternelle crainte de la censure. Le moins qu’on puisse dire, à cet égard, est que la ruse par laquelle on fait passer la critique sociale par un scélérat et un hypocrite avoué n’a pas fonctionné : après la scène scabreuse du mendiant, c’est la pièce entière qui, malgré son grand succès, a dû être retirée de l’affiche, probablement sur le conseil de gens bien intentionnés.

24Quelle que soit la réalité de l’effet de la censure, son appréhension contraint souvent l’esprit de génie à se surpasser. Et c’est bien ce que Molière réussit ici : le style de la scélératesse donne à la vérité un relief qu’elle n’aurait pas dans le langage et les manières d’un honnête homme. Que l’amour de l’humanité doive passer par l’insolence d’un personnage amoral exprime superbement sa fragilité, du moment que cet amour, au fond, paraît dépendre tout entier de l’humeur capricieuse de celui qui l’énonce et l’accorde. Derrière cette concession princière (symbolisée par le louis d’or — qui signifie aussi peut-être que le roi serait avisé de se réveiller à la réalité qu’il gouverne !), se profile bien autre chose que le simple arbitraire d’un gentilhomme particulier habitué à dominer ses semblables : la difficulté insoluble où se trouve l'humain en général dès qu'il n’a plus que lui-même pour référence. Si Don Juan meurt, ce n’est pas seulement par fierté, c’est parce que sa profession d’incroyance n’a pas d’issue et que l’humanité dont il se prévaut est aussi aléatoire que ses conquêtes. N’est « humain », pour Juan, que ce qui convient au libre exercice de ses passions ou qui le confirme dans l'idée qu'il se fait de son honneur. Conception unilatérale, exclusive, qui ne se soucie d’aucune espèce de réciprocité. Celle-ci ne vaut tout au plus qu’entre gens de condition, restriction en raison de laquelle Don Juan n’est, littéralement, pas dans l’état de saisir toute la puissance de sa critique sociale. À supposer, toutefois, qu’il en devine la portée et accepte l’égalisation formelle, juridique qu’elle implique, avec l’extension à tous et à toutes du principe de réciprocité, sans distinction d’origine et de classe, cette réciprocité universelle n’en demeure pas moins ardue.

25Kant, qui, dans la Critique de la raison pratique, portera cet impératif catégorique à son expression la plus rigoureuse (« agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle »), devra lui-même admettre que ce principe n’est opérationnel qu’à la condition que les hommes s’entendent sur l’existence de Dieu, c’est-à-dire sur la primauté d’une loi transcendantale à laquelle chacun et chacune puisse se référer. Faute de quoi son impératif ne tient pas : le voleur admettra que tout le monde peut voler, le tueur que tout le monde peut tuer, et ainsi de suite, de sorte que, chacun se faisant l’arbitre de ce qu’il juge admissible sous prétexte qu’il est disposé à en subir les conséquences, la société ira s'effondrant ; il n’y aura plus que les rapports de force, qui s’exerceront dès lors sans aucune espèce de médiation possible. Tel est bien l’horizon menaçant vers lequel s’achemine, dans sa logique ultime, la revendication libertine de l’esprit fort.

26Comme Hamlet, Don Juan met en scène l'absence de Dieu. À une différence près, essentielle. Pour Hamlet, cette absence est une sorte de constat mélancolique, elle résulte d’une expérience subie (le fils n’a pas consciemment voulu la mort du Père), devant laquelle le héros, perplexe, ne peut se résoudre à agir et se laisse aller vers la mort, dans l’espoir que cette dernière ne sera pas plus cauchemardesque que la vie. Pour Don Juan, qui, devant le mausolée du Commandeur s’étonne « qu’un homme qui s’est passé, durant sa vie, d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n’en a plus que faire » (III, V, 201), il n’y a manifestement pas d’au-delà. Il paraît rien éprouver ni crainte ni manque. Aucun doute, aucune nostalgie à l'égard de la transcendance chez cet homme du monde. Dieu n’est pas même « absent », au sens écliptique que peuvent suggérer, dans Hamlet, les apparitions fugitives du Spectre. Pas d’énigme dans l’esprit de Juan : le Ciel est une chimère que se fabriquent les hommes. Même lorsque la statue du Commandeur se met à bouger, le héros refuse d’y voir un signe d’en haut. Bref, l’élimination du Père est assumée, désirée : « j’enrage de voir des pères qui vivent autant que leur fils » (IV, V, 210), s’écrie-t-il de manière symptomatique après le départ de son père, Don Louis (encore le nom du roi), venu le rappeler à l’ordre. Le fait que la figure du Commandeur (autre image du Père) soit laissée dans l’ombre indique peut-être la nature symbolique de ce meurtre initial dont nous ignorons tout : pour agir comme il le fait et pour vivre dans une incrédulité qui entend s’assumer entièrement, ne faut-il pas s’être d’abord débarrassé de Dieu ?

27Nul doute, en tout cas, à lire le texte au premier degré, qu’en se vengeant, la statue accomplisse le dessein divin. Cette vengeance ne serait donc pas une simple descente ex machina, comme nous le disions d’abord : elle symboliserait le gouffre vers lequel avance l’esprit fort. Molière donne pourtant à tout l’épisode du Commandeur une allure rocambolesque qui nous empêche de le prendre vraiment au sérieux (il y avait mille autres manières de faire expier le libertin). Il n’empêche qu’on peut en faire une mise en scène impressionnante, comme en témoigne la verve de Mozart, chez qui l’arrivée de la statue et l’engloutissement de Don Juan constituent un moment musical d’une intensité proprement formidable. Entre le grandguignolesque et l’abyssal, Molière, à l’image de son personnage, reste ambigu jusqu’au bout. C’est dire que la double question de Dieu et du libre arbitre demeure ouverte, entière.

28Homme Homme Dupres Noir Manche Gris Paiement Sans Gilet Moncler Sécurisé Sécurisé Sécurisé xRfHqgnLire Don Juan comme une dénonciation de l’hypocrisie et une condamnation de l’impiété n’est évidemment pas faux, mais s’en tenir à cette première lecture, c’est un peu faire comme Sganarelle, qui s’imagine que la mort de son maître contente tout le monde sauf lui, et qui, comédie oblige, met fin à la pièce en criant désespérément : « Mes gages, mes gages, mes gages ! »

29Perte bien dérisoire, au regard de ce que le souffle ravageur de la liberté met à nu en brisant l’hypocrisie du ciment social : l’incapacité où se trouve l’humanité de vivre seule avec elle-même. Don Juan est le héros maudit de la solitude. Et nous sommes tous, peu ou prou, des Sganarelle sourds à nos propres désirs, qui, écrasant ce qui reste de nos rêves d’humanité, courons à perdre haleine en réclamant nos gages.

Notes

1 Du temps de Molière, le titre de la pièce et le nom du personnage éponyme s’orthographiaient « Dom Juan ». J’adopte ici partout l’orthographe actuelle « Don Juan ».

2 Les chiffres romains renvoient respectivement à l'acte et à la scène de Don Juan ou le festin de pierre, de Molière, les chiffres arabes aux pages de : Molière, Le Tartuffe. Don Juan. Le Misanthrope, édition de Georges Couton, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », 1973.

3 Il vaudrait la peine de faire l’étude des transformations que reçoit le personnage au fil du temps chez chacun de ses auteurs, si la chose n'est pas déjà faite. Je m'en tiens ici au personnage de Molière, avec de brèves incursions chez Mozart et Da Ponte, parce qu’il en est l’expression la plus connue (avec le Don Giovanni de Mozart), la plus ramassée et probablement la plus ambiguë.

4 La première édition, en 1682, doit être « cartonnée » : l'imprimeur est tenu d'y remplacer les pages litigieuses, parmi lesquelles figure la scène du pauvre. Seul un libraire d’Amsterdam publie le texte intégral, en 1683, texte deux fois réimprimé (en 1694 et 1699), puis oublié. Il faut attendre 1813 pour que paraisse à nouveau une édition qui comprenne la scène du pauvre (voir la notice de l'édition de Georges Couton, op. cit., p. 145-146).

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Hentsch, Thierry. “I. Don Juan, l'amour scélérat”. Le temps aboli : L’Occident et ses grands récits. By Hentsch. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2005. (pp. 13-29) Web. .

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Hentsch, T. 2005. Le temps aboli : L’Occident et ses grands récits. Presses de l’Université de Montréal. doi :10.4000/books.pum.17890
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